Affichage des articles dont le libellé est humour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est humour. Afficher tous les articles

vendredi 28 décembre 2012

Psychotypologie des infirmieres


petit récapitulatif humoristique des différents profils des infirmières



Attention ! ce billet n'a aucune valeur scientifique !


Quand je regarde mes collègues, c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de penser à Tekken. Vous savez ce jeu de combat des années 90 ? Je vous arrête tout de suite, je n'ai pas encore envie de leur envoyer un super kaméa méa dans la face, là n'est pas mon propos. Dans ce jeu, chaque personnage a son arme ou son petit pouvoir bien à lui. Chez les infirmières, c'est pareil : elles ont toutes leur spécificité pour aller sur le front. Ces petits détails sont fort révélateurs de leur personnalité en psychologie de comptoir.
Je me suis alors amusée (on s'amuse comme on peut hein !) à classer les IDE en grandes catégories, bien que je déteste habituellement ranger les gens dans des cases. Je déteste ranger tout court d'ailleurs, mais ça c'est une autre histoire dont je vous épargnerai les détails.

Donc, par ordre absolument aléatoire, nous avons :

La piqueuse: Cette infirmière ne se lasse pas de faire des prises de sang et injections en tous genres. Quand elle était étudiante, elle s'entraînait à piquer sur des câbles électriques ou sur ses amis les plus courageux (ou ceux qui n'osaient pas dire non, rappelons qu'on parle de futurs infirmiers) et tannait sans cesse ses référents de stage pour aller faire des bilans sanguins. L'aiguille est à la piqueuse ce que la Ferrari rouge est au kéké, la cravate à l'homme d'enfer affaires. C'est son troisième membre, retirez-le lui et elle perdra toute son assurance. Dans une vie antérieure, c'était un moustique. Décédée brutalement, écrasée entre la paume de main d'un touriste allemand et une table de camping, elle est revenue sur terre sous une autre forme pour se venger. Mais attention, la piqueuse ne "pique" pas seulement votre sang. Le verbe bien affûté, cette infirmière n'a souvent pas la langue dans sa poche et n'hésitera pas à cracher son venin ou envoyer des piques bien senties à toutes personnes dont le visage ne lui reviendra pas (les blonds aux yeux bleus ?)

La panseuse: Les stades de l'escarre n'ont aucun secret pour elle. Elle a appelé son chat Jelonet et son poisson rouge Pyo. Elle s'extasie devant une plaie bien suintante et en hume l'odeur avec délectation. A peine a t-elle signé son premier contrat qu'elle a apposé son nom sur l'interminable liste d'attente du DU plaies et cicatrisations. Ne vous fiez pas au premier abord froid et réservé de la panseuse. Cette infirmière porte en elle-même une plaie qu'elle n'a jamais réussi à cicatriser. Dans une vie antérieure, elle était infirmière croix-rouge. Décédée brutalement sous les bombardements, elle s'est vidée de son sang par ses membres arrachés. La panseuse qui est aussi une penseuse, passe son temps à observer les gens, grattant à la surface de chacun pour en révéler la vraie nature.

La scopeuse: Vous pouvez croiser ce type d'infirmière en salle de réveil (SSPI). La scopeuse est bien la seule à ne jamais avoir les fils de ses ECG qui s'emmêlent. Mais comment fait t-elle ? Les yeux rivés sur l'écran, elle se laisse bercer par le concert de "bips", rassurée par l'affichage des chiffres. Quand elle a eu un bébé, elle n'a pas dormi les six premiers mois. Pas parce que l'abominable ne faisait pas ses nuits, non ! Parce qu'elle laissait sa main sur son thorax pour vérifier ses mouvements respiratoires. Pour la scopeuse, il n'y a pas de bonnes surprises. Elle aime tout prévoir à l'avance. Et pour cause ! Dans une vie antérieure c'était un lapin nain domestique. Décédée brutalement d'une crise cardiaque le jour où un pigeon aveugle a foncé dans la baie vitrée du salon de ses maîtres, elle est revenue sur terre avec pour obsession d'anticiper tous les imprévus. Un peu psychorigide dans le fond, elle n'en n'est pas moins une personne de confiance.

La laveuse: Elle aime que tout soit propre et fleure la lavende. La laveuse a une prédilection pour les soins de nursing. Très maternelle dans l'âme, c'est aussi elle qui amène des bons petits plats pour l'équipe les week-ends travaillés. La laveuse parle d'une voix douce et aime prendre son temps. Dans une vie antérieure elle était bonne soeur. Décédée brutalement en pleine faute de gourmandise, un caramel coincé dans les voies aériennes, elle est revenue sur terre pour laver ses pêchés et ceux des autres par la même occasion. Vous pouvez la croiser à l'aube dans la chapelle de l'hôpital, "empruntant" un peu d'eau bénite dont elle versera quelques gouttes dans les bassines de toilette des patients. La laveuse a une façon de courber le dos au sens figuré comme au sens propre qui peut être assez exaspérante. Elle est néanmoins une collègue très serviable et une excellente médiatrice.

La bandeuse: Sa passion a commencé très tôt au collège, alors qu'elle se faisait de faux bandages pour échapper aux cours d'EPS. Ce qui aurait pu faire sourire a vite prit une autre tournure quand cette passion s'est transformée en trouble obsessionnel compulsif. La bandeuse est de loin la plus névrosée des infirmières. Elle milite activement contre les bas de contention, préférant de loin poser des bandes. Sur son chariot de soins, tout le matériel est disposé au milimètre près. Elle manque de s'étouffer de rage quand l'interne déplace malencontreusement sa boite de gants en s'en prenant une paire. La confection de bandages en spica et la pose de bandes de contention lui permettent d'assouvir ce besoin d'ordre et de précision milimétrique. Chez elle, même les grains de litière de son chat sont empilés les uns sur les autres. Dans une vie antèrieure, c'était un pharaon. Décédée brutalement, écrasée par une pierre mal placée lors de la construction d'une de ses pyramides, elle est revenue sur terre avec pour mission suprême de faire respecter le souci du détail au commun des mortels.

L'extubeuse: Vous la croiserez en service de réanimation principalement. L'extubeuse a une confiance en elle inébranlable. A son grand désespoir, le jour où elle a découvert que le père Noël n'existait pas, elle a commencé également à douter de son caractère divin. Plus tard, quand elle admit définitivement qu'elle n'était pas Dieu, elle choisit de combler sa frustration en reproduisant inlassablement la création du premier souffle. A défaut d'être Dieu, elle se sent désormais sa collègue. Dans une vie antérieure c'était le capitaine du Titanic. Décédée brutalement, noyée sous un iceberg, elle est revenue sur terre pour reprendre son souffle.

L'écouteuse: Elle ne jure que par les services de psychiatrie. Petite, les enfants dans la cour de récré l'encerclaient en criant "Dumbo! Dumbo!" à cause de ses oreilles décollées. En grandissant, elle est parvenue à faire de son complexe une force et a fait de l'écoute sa plus grande qualité. Sa transmission préférée ? " Ecoute active " bien entendu! L'écouteuse, à force de décortiquer et analyser chaque mot prononcé, peut parfois vous mettre mal à l'aise. Elle a au moins le pouvoir non négligeable de faire taire ceux qui parlent pour ne rien dire. Dans une vie antérieure, elle était espion au service du président des Etats-Unis. Affaiblie par une otite purulente, elle n'a pas entendu alors qu'elle surveillait les lignes téléphoniques, que l'affaire du Watergate allait être révélée au grand jour. Décédée brutalement, pendue à une corde à linge, elle est revenue sur terre avec l'inquiétude constante que quelque chose se dise derrière son oreille.

L'infirmier: Chez les Schtroumphs, chaque bonhomme bleu a sa particularité et/ou sa profession. Et puis il y a schtroumphette, qui n'a ni métier, ni personnalité. La légitimité de son existence est uniquement construite sur son genre féminin. Chez les bonnes femmes en blanc, c'est le contraire : il y a les piqueuses, les panseuses, les scopeuses, les laveuses, les bandeuses, les extubeuses, les écouteuses, les emmerdeuses, et puis il y a l'infirmier. Dans une vie antérieure, l'infirmier était un coq de basse-court. Décédé brutalement le cou tordu par un fermier, il a fini en chapon entre le foie gras et la bûche sur une table de réveillon. Il est revenu sur terre avec pour mission d'être entouré de dames jusqu'à la fin de ses jours, et cette fois-ci sans perdre ses attributs masculins.


Et vous, quelle infirmière êtes-vous ?




 



mercredi 26 décembre 2012

Les mamies aiment les bad boys



Un médecin qui ressemble à Nicolas Sirkis : succès inatendu chez les dames du quatrième âge

 En cette fin d'année morose - la crise, la "faim" du Monde, Gégé national qui nous abandonne sur le bateau submergé - rien de tel qu'un petit billet léger. Le mur des lamentations est déjà chargé comme un mulet turc, n'y rajoutons pas le vanity case de Paris Hilton.

Service de gériatrie court et moyen séjour - non revenez, ne tirez pas la tronche, juré il n'y aura pas de morts ! - Une dizaine de vieilles dames (et quelques vieux messieurs aussi mais il faut avouer que le sexe "fort" se fait rare passé un certain âge) se morfond dans le service. Elles sont là à la suite d'une chirurgie orthopédique le plus souvent et attendent de retrouver assez d'autonomie pour revenir chez elles.
Ce que j'aime dans ce genre de service de gériatrie - car il m'arrive aussi d'aimer mon métier - c'est que contrairement aux EHPAD où l'on voit chaque jour ses résidents décliner un peu plus, les vieux (eh toi là-bas ! Oui toi qui a le poil qui se hérisse comme le chat de ma belle-mère à chaque fois que je dis "vieux"! Vieux n'est pas une insulte c'est un état, alors respire un grand coup, détache le dernier bouton de ton pantalon s'il le faut et retire moi ce faux air outré de ton visage) ici sont là pour aller mieux. L'atmosphère y est différente, la grande faucheuse n'est pas tapie derrière chaque porte, notre ami Al Zheimer n'a pas une grosse côte de popularité, il joue aux cartes dans un coin avec Lévy et le fils de Parkin. Bref, sans aller jusqu'à dire que le court séjour gériatrique ça ressemble à ça:


c'est tout de même un domaine où, si les conditions de travail ne sont pas trop dégueux, il peut-être très agréable de travailler.
Agréable pour une chose principalement : les vieilles sont d'incorrigibles pipelettes, avec l'âge toutes leurs petites manies se sont amplifiées, leur donnant à chacune une sacré personnalité unique et attachante que je ne me lasse pas de découvrir.
Il y a la coquine qui ne peut s'empêcher de vous pincer les joues ou les fesses. Il y a la coquette qui vous asperge de son eau tonique dés que vous franchissez le pas de sa porte:
- mais Madame, je pue tant que ça ?
- mais non mon petit. Je sais que vous n'avez pas d'argent pour vous acheter du parfum.

Il y a la gourmande qui vous engraisse à grands renforts de chocolats et de bonbons La Vosgienne. Il y a la maquerelle qui veut absolument vous caser avec son petit-fils :
Il est gentil mon petit-fils et il a plein d'argent !
Décidément je dois vraiment avoir l'air pouilleuse. Puis sa voisine, la grenouille de bénitier qui vous assène de "que Dieu vous protège" en guise de merci et qui ne manque pas de prier pour vous à l'office du Dimanche.

Toutes ces vieilles dames, de la plus joviale à la plus acariâtre, ont quelque chose en commun : une passion débordante pour le médecin du service. Jeune ténébreux des pays de l'Est, les bras couverts de tatouages, le visage criblé de piercing, une coupe punkie, un accent à couper au couteau Laguiole. Il a de faux airs de Nicolas Sirkis, chanteur du groupe Indochine. Le genre d'homme qu'on ne peut pas présenter à ses parents sans avoir préalablement dilué 1/4 de Lexomil dans leur verre de vin. La première fois que je l'ai vu, je me suis imaginée toutes les patientes apeurées, choquées, sacandalisées qu'une telle créature puisse être médecin et daigner les soigner. C'était bien mal connaître les mamies et leur ouverture d'esprit parfois inattendue. Il a fallu me rendre à l'évidence : les mamies aiment les bad boys.

jeudi 13 décembre 2012

Sur les pas des infirmiers



Si vos mains valent (symboliquement) de l'or, vos pieds ont très peu de valeur !


Mieux vaut ne pas être infirmière quand on est réfractaire à la marche. Selon une étude de l'INRS (ici)les infirmières marcheraient plus de dix kilomètres par jour de travail dans un même service.
Ils ne prennent pourtant pas cher nos pauvres pieds. Nos piétinements, souvent récompensés par une douche de liquides divers (urines, vomissements, sang et, comble de l'horreur, traditionnel potage de l'hôpital) ont encore beaucoup de distance à parcourir avant de fouler un moelleux tapis de billets verts.


Encore un beau pied de nez à la profession infirmiere


En effet, les pas d'une infirmière ont moins de valeur que celui d'un médecin, d'une sage-femme ou encore d'un kinésithérapeute. Quand l'indemnité de déplacement d'un médecin généraliste s'élève à 10 euros, de la sage-femme à 4 euros, celle de l'infirmière libérale décolle à peine du plancher des vaches avec 2,50 euros.
Pourquoi une telle différence pour un même acte aussi basique que celui de se déplacer ?
Est-ce parce que de nos pieds se dégagent un odorant fumet à force de courir partout ?
Est-ce parce que les infirmières sont de plus en plus nombreuses à aller travailler à reculons ?
Est-ce parce que, encore une fois, et sans mauvais jeu de mots, nous nous sommes laissées marcher sur les pieds ?

Scoop: les médecins roulent au caviar, les infirmiers aux topinambours

Mais les inégalités ne s'arrêtent pas là. Alors que tout le monde paye l'essence au même prix, les indemnités kilométriques diffèrent selon les professions soignantes. En plaine, l'indemnité kilométrique d'un médecin s'élève à 0,61 euros par kilomètre, celle d'une sage-femme à 0,45 et celle d'une infirmière à 0,35. Cherchez l'erreur... Une différence de tarifs liées à la différence de cylindrée ?


Promotion de Noël du Ministère de la Santé: environ 600 000 dindes à prix réduit

Nous sommes décidément toujours le dindon de la farce, le pigeon sans ailes qui ne peut plus voler mais qu'on peut voler allègrement tant on l'a habitué à lui clouer le bec. La dernière roue du carrosse de Cendrillon, la roue crevée et crevée qui n'arrive plus à faire avancer la machine avant qu'elle ne se transforme en citrouille.


vos déplacements sont low cost ? Economisez donc vos pas !

S'attend t-on à ce que Easy jet offre les mêmes prestations qu'Air France? Non. Alors puisque mes pas sont low cost, je ne culpabiliserai pas le jour où je déciderai de trainer des pieds. Car quand je rentre le soir, les pattes enflées et meurtries, ce n'est pas les indemnités de déplacements qui vont me payer mes bas de contention et autres drainages lymphatiques.
Alors autant économiser mes pas. On ne pourra me le reprocher, les économies c'est l'excuse qu'on nous sert à toutes les sauces pour mieux nous faire digérer tout type de maltraitances, pour ne pas dire foutagee de gueule. Alors c'est sans gêne que j'utiliserai cette excuse si bien rodée quand on me cassera trop les pieds. 

                             Crazy little nurse (et son pied qui aujourd'hui, aimerait se réchauffer au cul du Ministère de la Santé)

Ici découvrez la coallition des IDE face aux injustices qu'on nous fait subir





dimanche 9 décembre 2012

Vous êtes une brave fille ? Devenez infirmiere !



Quand je lis ça :

Une personnalité de bonne-soeur dans un physique de hardeuse


Je ne peux m'empêcher de penser à ça :

Image du Blog notreclubdelecture.centerblog.net
Dans une vie antèrieure Lassie était infirmière...à moins que ce ne soit le contraire


Infirmières et Lassie chien fidèle : même combat!







Propagande à l'APHP


L'APHP est certe très nulle en management, mais on ne peut pas en dire autant sur ses compétences en propagande.
Regardez un peu ça:



Voilà qui me donne envie de postuler tout de suite ! Un peu plus et ils se tenaient tous par la main pour faire une farandole. Mention spéciale aux blouses parfaitement blanches et amidonnées, sans nulle tache de Bétadine ou autre liquide non identifié. Bienvenue au Monde merveilleux de l'APHP!
Ça aura au moins eu le mérite de me tailler une franche bidonnade...

Étrangement les commentaires sont désactivés pour cette vidéo... Sont modestes à l'APHP, ils ont sûrement peur des compliments.

mardi 4 décembre 2012

Une belle surprise avant Noël !

Ce matin notre ministre de la Santé va recevoir une belle surprise.

Un beau cadeau préparé par des milliers de gens.
Préparé avec amour et dévotion.
Car nous infirmières sommes de braves filles aimantes et dévouées n'est-ce pas ?

Vous êtes infirmier? Aide-soignant?
Vous ne savez pas de quoi je parle ?
Vous vous dîtes " elle aurait pas du enchaîner ses jours en psy la pauv'dame ? "
Vous vous demandez qui va se dévouer pour me faire interner?

C'est donc que vous avez un bon train de retard et qu'il est grand temps de rejoindre sur Facebook le groupe ni bonnes ni nonnes ni pigeonnes. C' est ici : https://www.facebook.com/groups/NiBonnesNiNonnesNiPigeonnes/

Vous saurez en exclusivité le cadeau que va recevoir Marisol et tout plein d'autres choses.

Ici, vous trouverez un poême dédié à Marisol Touraine



- Posted using BlogPress from my iPhone

dimanche 2 décembre 2012

Des tartes pour les infirmiers

Ou comment étouffer les revendications infirmieres ?



La gourmandise des infirmieres les perdra

Quand plus rien ne va dans un service de soins, apportez de la nourriture !

S'il y a bien une chose que nos patients et nos "chefs" ont compris c'est que les infirmiers sont gourmands. Après des années à se nourrir des plateaux-repas amoureusement préparés dans les cuisines de l'hôpital, l'infirmière devant un aliment goûteux et présentable est telle une jeune pucelle devant son prince charmant: l'eau à la bouche, son estomac se tordant de désir, elle ne répond plus de rien, elle oublie tout le reste.

Personnellement, j'aurai préféré qu'ils comprennent notre douleur, notre colère, notre frustration. Qu'ils soient assez fins pour savoir que ce n'est pas normal de se mettre en transe devant une boite de chocolats. Que notre gourmandise n'a d'égal que ce vide qui se creuse en nous au fil du temps pour finalement nous transformer en petits robots du soin.

Service de médecine, jour. Ça râle, ça râle, ça râle de plus en plus et de plus en plus fort chez les infirmières. Il y a quelques mois encore, ce service était très réputé, les conditions de travail bonnes. Trop bonnes pour nos dirigeants, ils ont supprimé, "omit de remplacer", un poste d'aide-soignant et un poste d'infirmier par équipe. Alors forcément, maintenant on court partout, on délaisse les patients qui sont d'ailleurs de plus en plus nombreux, tarification à l'acte oblige. L'idée de vider sa vessie ou de boire un verre d'eau devient une douce utopie.

Mais c'est sans compter sur notre bon chef de service qui a flairé que sa côte de popularité descendait en flèche. Il nous convoque donc à 13h pour une réunion exceptionnelle. Enfin nous allons être entendues, il va comprendre l'impossibilité et surtout la dangerosité pour les patients de continuer dans ces conditions.

Nous nous présentons donc à 13h tapante en salle de repos, prêtes à en découdre.

Sur la table, un buffet digne d'un jour de fête : des petits fours, des entrées, de la viande, du champagne pas du plus mauvais cru, deux grosses et belles tartes.

Le professeur nous fait son petit discours, il est ravi, que dis-je, fier, il est FIER de son équipe d'infirmières qui malgré les difficultés actuelles parviennent à fournir un travail d'une qualité exceeeeptionneeeelle ! Mais ne perdons pas plus de temps en paroles, mangeons!

Que répondre à ça, merci papa ?

vous l'avez déjà compris, cortiqués que vous êtes, que les plats m'ont laissé un goût amer.

Je les ai entendus, les chefs de clinique, expliquer à leurs externes fraîchement débarqués qu'il fallait se mettre les "petites" infirmières dans la poche, et que pour ce faire, rien de tel que d'amener les croissants de temps à autre.

Étouffer la rage qu'on a dans le ventre à coup de nourriture.

La bouffe c'est notre Inexium, notre Mopral, notre Inipomp à nous. Notre IPC, inhibiteur de la pompe à colère. Nous sommes comme des fauves en cage à qui on jette un bout de viande pour ne pas qu'ils mordent. Nous sommes comme des otaries de cirque bien dréssées qu'on récompense d'un poisson frais après avoir effectué moults acrobaties.

Les deux grosses tartes restent particulièrement gravées dans ma mémoire. Quel choix symbolique ! Et sur deux niveaux qui plus est ! Du grand art, un coup de maître. Était-ce conscient ? Un acte manqué ?

Les infirmières ce jour là ont quitté le service le sourire aux lèvres, repues, enorgueillies par les compliments du chef. Apaisées jusqu'au prochain banquet.

Je ne travaille plus dans ce service, mais la période de Noël étant arrivée, quelque chose me dit qu'on leur servira des huîtres.

Pour un autre témoignage sur la manière dont on se fiche de la tête des IDE, cliquez ici

mardi 27 novembre 2012

Trois petites minutes

Poème d'une infirmiere à Marisol Touraine



la Ministre de la santé n'accorde pas de temps aux infirmiers

C'est le temps qu'on met à se brosser les dents.
C'est le temps d'intervalle entre deux métro.
C'est le temps de cuisson des nouilles chinoises.
C'est le temps qu'il ne faut surtout pas dépasser dans la prise en charge d'un arrêt cardiaque.
C'est le temps que nous a accordé Marisol cet après-midi pour répondre ( et de plus très mal) à notre détresse.
Marisol, si un jour tu te retrouves au bout de mon aiguille, je n'aurai probablement pas plus de trois minutes pour te soigner.

Pour en savoir plus sur Marisol Touraine et sa vision de la profession infirmière
- Posted using BlogPress from my iPhone

samedi 24 novembre 2012

L'entreprise c'est comme une grande famille !



Je travaille dans un service de soins à domicile.
Nous sommes trois infirmières et une trentaine d'aides-soignants. Avec une collègue infirmière nous nous apercevons très vite des traitements de faveur dont bénéficient les aides-soignants : peu de patients à prendre en charge, tournée très rapide car tous les patient habitent dans le même quartier voire dans la même rue, possibilité de commencer plus tard, terminer plus tôt sans que jamais ça ne leur soit reproché.

dimanche 18 novembre 2012

Il fallait faire de la finance ma pauvre dame!

Ou comment culpabilise t-on les infirmières pour leur faire accepter leurs conditions de travail.


une infirmiere n'a pas besoin d'argent



Annonce de pôle emploi pour un poste d'infirmière à domicile, 7h par jour, une dizaine de patients maxi, salaire minimum à 2300 brut. Je postule, je suis embauchée.

D'emblée le salaire se transforme en1500 net, bref passons. Les horaires sont coupées d'une pause de 3h entre 12h et 15h : ok je suis conciliante j'aime bien faire la sieste et j'ai le temps de repasser par chez moi.

La dizaine de patients se transforme en 20 à 24 patients par jour. La tournée à pied (donc pas d'indemnités de transport ou d'essence) s'avère impossible à réaliser dans le temps imparti tant les patients sont éloignés les uns des autres géographiquement.... Je commence à avoir mal aux dents à force de les serrer et la moutarde me monte fortement au nez. Je demande un rendez-vous avec la directrice pour lui faire part de ces problèmes.

samedi 10 novembre 2012

Hôpital: guide de survie en milieu hostile




Prenez garde aux sols glissants de l'hopital

Quelques règles de survie à mémoriser pour quiconque débuterait à l'hôpital:

- Présentez-vous, tout le temps à tout le monde, même si ce n'est pas le moment, même si personne ne fera l'effort de se rappeler de votre prénom (sauf pour vous demander de faire un remplacement le week-end).                                                                                                                                              

- Apportez du café et ce dés les premiers jours.

- Inventez-vous une grand-tante grabataire à qui vous allez rendre visite lorsque vous ne travaillez pas si vous ne voulez pas être systématiquement rappelé sur vos jours de repos/congé. Ça marche aussi avec un enfant cancéreux ou un mari tétraplégique. Si vous n'avez pas de bonne excuse, on vous reprochera de ne pas avoir l'esprit d'équipe.
                                                                                                                                                                        - Il y a toujours une infirmière qu'il faut se mettre dans la poche, afin d'éviter que ne circulent d'horribles rumeurs sur vous. Identifiez là au plus vite. Elle s'appelle souvent Martine, Françoise ou Véronique (ne me demandez pas pourquoi, j'essaye toujours de percer le mystère). Elle a au moins 10 ans de boîte, tout le monde la déteste mais tout le monde fait semblant de l'aaaaaaadorer et lui parle sur un ton mielleux. Elle arrive à 8h30 après la tempête et repart à 16h. (Je vois dans vos yeux que vous voyez de qui je parle).Elle a tous ses mercredi (ba oui pour s'occuper de ses 2 enfants, grands les enfants hein!) et ne travaille presque jamais le week-end-end. Elle sait tout sur tout, refuse le progrès, déteste les jeunes infirmière et ne donne jamais les antalgiques au patient (surtout quand il s'agit de la morphine) parce que "il-fait-de-la-comédie-il-a-pas-si-mal-que-ça".
 Elle a sa place attitrée dans la salle de repos (qu'elle squatte allègrement) et est très copine avec la cadre. Celle-là, ne vous mettez jamais mal avec elle. Jamais!
Certains l'ont fait, ils ne sont plus là pour en témoigner.

- Quand vous prenez votre petit-déjeuner dans la salle de repos, tapissez préalablement la table d'essuies-mains pour ne pas la salir. Quand vous avez terminé votre bout de pain sec, regroupez méthodiquement les essuies-mains entre eux de façon à ne pas faire tomber une miette puis nettoyez ostensiblement et vigoureusement la table à coup de désinfectant bactéricide et virucide. Même si elle est parfaitement propre, ne vous posez pas de questions: nettoyez-là encore et encore ! Martine is watching you !

- Même si vous mourrez de soif à force de courir partout et de faire le boulot pour trois (le votre, celui de l'infirmière absente et celui de Martine/Françoise/Véronique), ne buvez pas trop, vous n'aurez pas le temps d'aller aux toilettes: mieux vaut attraper une bonne vieille infection urinaire qui se transformera en insuffisance rénale faute de soins, que de vous retrouvez à vous dandiner une jambe sur l'autre en pleine pose d'un cathéter d'un patient au capital veineux désertique.

- N'appelez jamais l'interne de garde sauf si votre patient est mourant, débrouillez-vous. Vous n'arrivez pas à déchiffrer sa prescription ? Demandez à Martine, elle sait tout et se fera un plaisir de vous montrer sa supèriorité.

- Ayez tout un lot de stylos quatre couleurs. Non seulement on vous les volera l'air de rien très régulièrement, mais en plus, le seul que vous arriverez à garder accroché à votre blouse, vous le ferez tomber dans la cuvette des toilettes en essayant de faire pipi en moins de 10 secondes (pour ceux qui n'auraient pas suivi mon conseil plus haut).

- Ne vous asseyez jamais à côté du téléphone. Vous comprendrez très vite pourquoi.

- Ne vous asseyez jamais sur le siège de Martine. Vous comprendrez très vite pourquoi.

- Ne vous asseyez jamais, ça vous évitera de faire une boulette.

- Quand vous vous déplacez dans les couloirs, même si ce n'est que pour aller voir votre planing, ayez toujours un tensiomètre à la main ou un dossier, encore mieux, les deux à la fois. Avancez d'un pas rapide avec un air débordé que vous aurez préalablement travaillé devant votre miroir. C'est ce qui s'appelle brasser du vent, et à mon grand étonnement ça marche (Cf Martine).

                                                                                                                                                                 N'hésitez-pas à compléter cette liste, elle peut être très utile et éviter maintes humiliations suprêmes dans notre beau microcosme qu'est l'hôpital.

Ps : aucune Martine n'a été bléssée pendant l'écriture de ce billet.

En cliquant ici, vous apprendrez à cerner vos collègues en un clin d'oeil